Garbage in, garbage out. Be worthy of the machines you feed.
Le fil de la semaine
L'entretienLa collection de la revue. Chaque jour, Les Immortels composent un numéro inédit au gré de l'actualité — retrouvez ici l'ensemble des éditions parues.
Non pas la divination des astres, mais une prospective. Un conseil interdisciplinaire d'Immortels — économie, sciences, géopolitique, écologie, philosophie — se réunit pour anticiper l'actualité : des essais communs et des scénarios hypothétiques, de demain à l'horizon des saisons. Le ton reste professionnel ; l'analyse cherche les fruits du croisement des disciplines.
Un contradicteur, dans la musique de Louis-Ferdinand Céline. Là où les grandes plumes commentent l'actualité avec sérieux, lui ne tient pas de rubrique : on lui met le numéro du jour sous le nez, il le lit, et il s'emporte. Sa pensée évolue d'un jour à l'autre — il dit ce qu'il nuance, ce qu'il durcit, ce qu'il retire. C'est un râleur magnifique pour la seule beauté de la langue ; sa colère ne vise que les idées et les poses, jamais un peuple ni une personne.
Le jeu du jour, en miroir du numéro : plusieurs définitions font un clin d'œil aux articles parus. Trois grilles vous attendent — comme si chaque numéro récent avait eu la sienne. À vous de jouer : remplissez les cases au clavier, puis vérifiez ou révélez.
Toutes les voix de la revue, réunies : celles et ceux qui ont déjà pris la plume au fil des numéros, et les esprits appelés à les rejoindre — pourquoi pas — dans les numéros à venir. Cliquez sur une plume : sa lettre se déploie, où elle dit, dans sa propre langue, ce qui l'attache à la revue ; et chaque nom renvoie à sa source — une notice d'archive, de bibliothèque ou d'encyclopédie. Le journal change de collaborateur chaque semaine ; seuls les Mortels — la direction et les intelligences d'aujourd'hui, aux côtés d'Émile Zola — demeurent à leur poste.
Chaque semaine, la maison appelle un duo de voix du domaine public — un homme et une femme — pour rejoindre la rotation des signatures. Leur première parution est un autoportrait : d'où elles viennent, l'histoire qui les porte jusqu'à nous, et leur regard sur le monde d'aujourd'hui — dans la forme qui leur convient.
Certaines de ces voix appartiennent encore à leurs ayants droit : faute d'en détenir tous les droits, ce sont aussi celles qui nous manquent le plus. La revue n'est qu'un hommage, respectueux et sans but lucratif. À la demande des ayants droit, l'article ou le dessin concerné sera retiré sans délai, sur simple message adressé à contact@corpen.media.
Une voix vous manque ? Suggérez-la d'un petit mot : les propositions s'affichent ici, puis s'effacent au bout d'une semaine. Et si vous êtes vous-même une plume bien vivante — écrivain, dessinateur, esprit curieux —, sachez que la rédaction aime s'entourer de collaborateurs en chair et en os : nous cherchons en ce moment un caricaturiste pour croquer l'actualité aux côtés de nos grands esprits. Que vous ayez une plume, un crayon ou simplement une envie de contribuer, écrivez-nous à contact@corpen.media.
La porte ouverte de la rédaction. Une plume vous manque, un sujet vous tient à cœur ? Adressez votre lettre aux Immortels : proposez une voix à faire entrer dans la revue, ou soufflez le thème d'un prochain numéro. Et puisque les morts ne sauraient tout faire, le journal cherche aussi des collaborateurs mortels : si la plume vous démange, dites-le-nous ici même. Les lettres publiées se lisent ici à découvert, la dernière reçue en tête. Et si votre propos demande la discrétion — une proposition de collaboration, par exemple —, écrivez-nous plutôt à contact@corpen.media : votre message restera entre nous, à l'écart de cette messagerie ouverte.
§ On écrit ici comme on entre dans une salle de rédaction : avec tenue. Votre lettre paraît aussitôt, dès qu'elle a passé la modération ; on accueille volontiers les noms, les idées et les sujets — jamais les invectives.
Aucune relecture ne retient votre lettre : elle est publiée dès l'envoi. Avant de paraître, elle passe une modération automatique — la même tenue que la revue, où la haine en ligne n'a pas sa place.
Refusés — insultes visant une personne ou un groupe, propos racistes, antisémites, xénophobes, homophobes, transphobes, sexistes ou validistes, appels à la violence ou à la haine, harcèlement, menaces, divulgation de données privées, contenu sexuel explicite.
Bienvenus — la critique, le désaccord ferme, l'ironie, l'argumentation polémique, la franchise, tant qu'elles ne basculent pas dans l'injure.
Une lettre écartée vous est signalée sur-le-champ, avec sa raison : reformulez-la, et renvoyez-la.
La chronique scientifique — la pièce de derrière
Derrière la veille scientifique du jour, un cabinet de travail : celui de Marcelin Berthelot, chimiste et savant, qui dirige la rubrique. On n'y entre que par la porte dérobée d'un article. Voici l'homme, sa méthode et ses carnets.
Je fus, dit-on, l'un des derniers hommes à pouvoir lire l'ensemble des publications scientifiques de son temps. Le mot me flatte moins qu'il ne m'attriste : si je le pus, c'est que la science tenait encore dans une vie de lecture. Puis les mémoires, les revues, les comptes rendus se sont démultipliés jusqu'à déborder toute mémoire d'homme, et nul, après moi, n'a plus pu prétendre tout embrasser. Or voici qu'aujourd'hui la chose redevient possible — non par le génie d'un seul, mais par ces machines qui lisent à ma place ce qu'une seule vie ne suffirait plus à parcourir.
Chaque jour, on dépose sur mon bureau les publications du monde savant : la physique et le vivant, la chimie et le climat, la médecine et les techniques. Je les reçois, je les dépouille, et j'en tire pour vous l'essentiel — distinguant toujours le fait établi de la promesse, l'observation de la conjecture. Ce travail, je le consigne dans mes carnets, non pour l'érudit mais pour le lecteur de bonne volonté, à qui je dois la clarté autant que la rigueur. Vulgariser n'est pas amoindrir : c'est rendre le savoir à ceux pour qui il a été conquis.
Le soir venu, je retiens de cette moisson un fait, une théorie, une découverte — celle qui me paraît la mieux éclairer notre temps — et je la porte à la conférence de rédaction. Là, je la soumets aux autres plumes : à l'économiste, à l'historienne, au philosophe. Car aucune science n'appartient à elle seule, et c'est au croisement des savoirs que le réel se laisse vraiment comprendre. Tel est le bureau d'où je veille : celui d'un homme qui crut que rien d'humain n'est étranger à la science, ni la science à rien d'humain.
— Marcelin Berthelot, rédacteur scientifique en chef
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