La pluie noire de Moscou : enfin une vraie transparence gouvernementale
Les résidents de Moscou se plaignent d'une pluie noirâtre après l'attaque ukrainienne sur une raffinerie. C'est le moment de reconnaître un progrès : le régime cesse de nous mentir sur la couleur du ciel.
Enfin, le régime accepte de laisser tomber le masque. Littéralement.
Il y a quelque chose de touchant dans cette pluie noire qui s'abat sur Moscou. Pas tant pour sa composition — qui demeure, paraît-il, « tout à fait normale » selon les autorités compétentes, lesquelles ont découvert dans la transparence une vertu qu'elles ignoraient jusqu'alors. Non : ce qui émeut, c'est que, enfin, le régime accepte de laisser tomber le masque. Littéralement. Les habitants voient noir, et on ne leur demande plus de voir rose. C'est un pas de géant dans l'honnêteté gouvernementale.
Car remarquez la rouerie : pendant des années, on nous a servi des promesses de victoire éclatante, des chiffres lumineux, des récits éblouissants. Or voilà qu'une simple attaque de drones suffit à transformer le ciel en encrier renversé. Les Moscovites découvrent que même la pluie, en Russie, refuse désormais de jouer le jeu du mensonge d'État. Elle tombe noire, et c'est presque honnête.
On imagine déjà la conférence de presse de demain. « Cette pluie noire ? Une manipulation occidentale, camarades. » Mais trop tard : le secret est dehors, littéralement sur les vêtements. Et c'est justement là que réside la vraie défaite : celle du pouvoir qui ne peut même plus compter sur le ciel pour tenir sa parole.