L'Amérique à la merci de ses épidémies : les millions de dollars de Trump pour endiguer Ebola
Pendant que Washington se querelle sur les priorités, la CDC mobilise 107 millions de dollars en urgence contre Ebola en Afrique de l'Est. Un geste discret qui dit beaucoup sur ce qui reste de pragmatisme américain face aux crises mondiales.
Ces 107 millions dollars, c'est un aveu : l'Amérique sait encore que les maladies n'ont pas de frontières.
Vous voulez savoir ce que c'est qu'une urgence sanitaire ? Ce n'est pas un discours. C'est une enveloppe qu'on déverrouille à minuit, le doigt tremblant. C'est 107 millions de dollars que les Centers for Disease Control and Prevention viennent de puiser dans leurs fonds de réserve pour affronter la flambée d'Ebola en République démocratique du Congo et en Ouganda. Pas de cérémonie. Pas de ruban à couper. Juste le silence du travail de sauvetage qui commence.
Voilà qui contraste singulièrement avec le tumulte qui règne à Washington. Tandis que les équipes de Trump se chamaillent sur le rôle de JD Vance dans les négociations avec l'Iran, tandis que des alliances diplomatiques se nouent et se dénouent avec la régularité d'une farce politique, quelque part à Kinshasa et à Kampala, des médecins se battent avec des seringues et du courage contre un virus qui ne demande qu'à nous rappeler combien nous sommes fragiles. Ebola tue vite. Ebola ne vous demande pas votre opinion politique.
Ce qui m'intéresse ici, c'est moins l'appareil bureaucratique que le message profond. Ces 107 millions dollars, c'est un aveu : l'Amérique sait encore que les maladies n'ont pas de frontières, que les épidémies qu'on laisse s'installer là-bas deviennent inévitablement des problèmes ici. C'est un sursaut de bon sens, l'une des rares alliances possibles entre l'intérêt personnel le plus cru et le devoir humanitaire. On le remarque à peine parce qu'il s'exprime sans panache, parce qu'une CDC qui agit correctement fait moins de bruit qu'une Maison-Blanche qui crie.
Mais ce demi-silence me pose question : pourquoi faut-il une épidémie pour que le gouvernement américain se montre responsable ? Où sont les investissements de prévention, l'architecture d'anticipation, l'écoute patiente du monde tel qu'il est ? Ce 107 millions, c'est un pansement sur une plaie qui ne devrait jamais exister. C'est un aveu aussi : nous agissons en reactivos, pas en prévoyants. Et le monde s'en porte d'autant plus mal.
Source : Carbon Majors (InfluenceMap) — la liste complète des 178 producteurs (entreprises et États)